Gérard
Serée
peintre & graveur









Les oeuvres croisées

L’indépendance ne signifie pas l’indifférence, et l’on s’aperçoit que les livres illustrés de Gérard Serée présentent de nombreux exemples d’influences croisées, de jeux de correspondance, car chacun est à l’écoute de l’autre, non par souci de s’harmoniser à lui (on retrouverait l’idée d’illustration), mais plutôt par simple fascination mutuelle.

Les mots vont ainsi s’introduire dans des gravures, tandis que les gravures vont envahir l’expression de certains poètes qui vont directement y puiser matière à leur inspiration. Nous avons en effet relevé plusieurs exemples de livres dans lesquels les gravures elles-mêmes, voire le travail du graveur, devenait le sujet du texte. Dans ces cas précis, on serait presque tenté de dire que ce sont les mots qui illustrent (au sens étymologique de « mettre en lumière ») les images. Nous préférons toutefois considérer ces textes comme l’expression de l’attrait que les gravures ont su susciter chez les poètes.

Face au travail de Gérard Serée, face au monde qui se livrait au travers de ses gravures, ils ont voulu réagir, exprimer ce qu’ils voyaient. Il en résulte un passionnant travail de correspondances et, comme l’écrit Yves Peyré : « Le livre où les mots et les images se mêlaient était la preuve que la fascination réciproque de deux expressions, voire leur indétermination, n’était pas un leurre, mais la part la plus visible, la mieux palpable, d’une réalité singulière de la création exprimée par la nécessité d’être ensemble ou double. »


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